El Bouhmadi: L'Afrique offre un énorme potentiel pour l'industrie pharmaceutique

Lors de la 20ème édition d’Officine Expo à Marrakech, le président de la Fédération marocaine de l’industrie et de l’innovation pharmaceutiques (FMIIP), Mohamed El Bouhmadi, a souligné le potentiel de l’Afrique pour l’industrie pharmaceutique marocaine, tout en abordant les obstacles à la coopération Sud-Sud dans ce secteur. Il a indiqué que l’Afrique ne représente actuellement que 1,1% du marché mondial en termes de consommation de médicaments, ce qui est faible par rapport à d’autres pays de taille similaire. Avec une population estimée à 1,3 milliard d’habitants, le continent ne compte que 375 établissements pharmaceutiques, alors que la population devrait atteindre 1,7 milliard d’habitants en 2030, 2,5 milliards en 2050 et 4,5 milliards en 2100. Selon lui, l’industrie pharmaceutique doit être en mesure de répondre aux besoins croissants en médicaments de la population africaine.

Il a également souligné que l’Afrique importe actuellement entre 70% et 90% de ses besoins en médicaments et que 42% des médicaments contrefaits circulent en Afrique, en raison d’une réglementation laxiste dans certaines zones. En comparaison, l’Amérique du Nord représente 46% de la consommation mondiale de médicaments, contre 24% en Europe et 14% en Asie-Pacifique.

Il a en outre noté que la Chine, qui compte une population similaire à celle de l’Afrique, dispose d’environ 5 000 établissements pharmaceutiques, tandis que l’Inde compte environ 10 500 établissements pharmaceutiques. M. El Bouhmadi a enfin souligné que la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf) offrirait un potentiel considérable pour le développement économique du continent et permettrait de créer 16 millions d’emplois.

Le président de la FMIIP souligne que bien que le Royaume ait déjà investi en Afrique en termes d’exportation de savoir-faire, d’installation d’usines et de transfert de technologies, il reste encore beaucoup à faire pour exploiter le potentiel de la région, notamment en termes de construction d’usines. Il est également noté que la reconnaissance mutuelle des certifications et des autorisations reste un frein à la coopération Sud-Sud dans le secteur pharmaceutique, ce qui rallonge considérablement le processus d’enregistrement des produits pharmaceutiques.

Il a souligné également la nécessité de développer un pôle africain d’innovation pour la recherche adaptée à l’Afrique, ainsi qu’une instance qui encourage la recherche multidisciplinaire et la réalisation d’essais cliniques. En ce qui concerne le réseau de distribution, il est rappelé que les laboratoires pharmaceutiques sont obligés de passer par des intermédiaires étrangers, ce qui entraîne des délais importants pour le réapprovisionnement. Enfin, il est également noté qu’il est nécessaire de régler les questions réglementaires pour permettre la distribution des produits pharmaceutiques sans avoir à les enregistrer au préalable.

Le président de la FMIIP a souligné que la création prochaine de la nouvelle Agence du médicament et des produits de la santé aiderait leur développement en fournissant une agence autonome capable de tracer les stratégies de développement des médicaments ainsi que les moyens financiers et humains pour soutenir l’industrie pharmaceutique au Maroc. Un comité a été créé pour mettre en place cette agence, et il est espéré qu’elle sera rapidement raccordée à l’Agence africaine du médicament pour collaborer et militer pour la reconnaissance mutuelle des autorisations et des certifications.

Le président a également rappelé que le Maroc compte 54 laboratoires autorisés, 12 000 pharmacies et 66 grossistes-répartiteurs, qui emploient ensemble 60 000 salariés. En 2021 et 2022, le secteur a réalisé un chiffre d’affaires de 17 milliards de DH (MMDH). Les laboratoires membres de la FMIIP réalisent 800 millions de DH (MDH) d’investissements par an et contribuent fiscalement à hauteur de 2 MMDH, soit 5,2% du PIB du secteur industriel et 1,5% du PIB national.

Source:

Laisser un commentaire