Les volets “Comptabilité, fiscalité et réglementation” demeurent au centre des préoccupations managériales quotidiennes du pharmacien d’officine.
C’est dans ce sens que s’est tenu, à l’occasion d’Officine Expo 2026, un atelier intitulé « Fiscalité et Obligations juridiques en officine en 2026 » modéré par Dr Nouha Berrada, Professeur en management à l’Africa Business School de l’UM6P et key speaker pour l’industrie pharmaceutique depuis 2017, qui a posé le cadre d’un échange pensé comme un décryptage opérationnel des évolutions fiscales et réglementaires impactant directement les pharmaciens d’officine.
À ses côtés, deux experts aux compétences complémentaires :
Maître Younes Anibar, avocat au barreau de Casablanca, pour la dimension juridique et réglementaire et
M. Zohair Kazmane, Expert-comptable et commissaire aux comptes pour les aspects fiscaux, comptables et financiers.
Une approche en quatre volets
Fruit de plusieurs sessions de brainstorming et de workshops préparatoires, la conférence a été structurée autour de quatre axes majeurs issus de l’analyse de la Loi de Finances 2026 et de l’actualité réglementaire du secteur.
L’objectif : identifier ce qui concerne concrètement le pharmacien d’officine et clarifier les zones d’incertitude.
1. La cession de la pharmacie d’officine
Premier point central : la cession de l’officine.
La Loi de Finances prévoit un mécanisme d’exonération dans un cadre spécifique lié au régime de la Contribution Professionnelle Unique (CPU). Cette mesure, potentiellement avantageuse, nécessite cependant une lecture fine de ses conditions d’application.
Au-delà de l’aspect purement fiscal, la question de la cession ascendante ou descendante (transmission familiale, vente à un tiers) soulève des implications juridiques et financières majeures :
traitement fiscal de la plus-value
structuration de la transaction
sécurisation contractuelle
Les experts se proposent d’en décrypter les contours pour permettre aux pharmaciens d’anticiper leurs décisions stratégiques.
2. Le contrôle fiscal parallèle : SARL et personne physique
Deuxième volet particulièrement sensible : la possibilité d’un contrôle fiscal simultané de la société (SARL) et du dirigeant à titre personnel.
Une mesure introduite par la nouvelle Loi de Finances peut prêter à confusion : l’administration fiscale peut-elle engager un contrôle parallèle sur la société et sur le compte personnel du pharmacien ?
Cette question soulève plusieurs enjeux :
distinction entre patrimoine professionnel et personnel
protection juridique du pharmacien en tant que gérant
portée réelle du dispositif
L’objectif de la conférence est de clarifier la procédure, les conditions d’application et le niveau réel d’exposition des pharmaciens.
3. Droit du travail et fiscalité sociale
Troisième axe : les évolutions en matière sociale.
La Loi de Finances prévoit une amélioration de la prise en charge des charges de famille, passant de 500 à 600 dirhams par an. Si l’augmentation peut sembler modeste, ses implications techniques méritent analyse.
Quels impacts sur :
le calcul de l’IR ?
la gestion de la paie ?
les obligations d’information des salariés ?
Le débat abordera également des questions plus larges de droit du travail en officine : obligations de l’employeur, gestion des collaborateurs et conformité sociale.
4. Réglementation et perspectives de libéralisation
Enfin, le quatrième volet dépasse la Loi de Finances pour s’inscrire dans l’actualité réglementaire.
La profession connaît actuellement des interrogations majeures autour de :
la communication en pharmacie
le recrutement
les limites imposées par la loi 17-04
les marges d’interprétation existantes
Des zones d’ombre subsistent quant aux capacités réelles d’action du pharmacien d’officine.
Autre sujet structurant : la réflexion engagée par le Conseil de la concurrence autour d’une éventuelle libéralisation du secteur. Si aucune réforme n’est adoptée à ce jour, l’hypothèse soulève des questions importantes :
Quel impact sur le cadre juridique actuel ?
Quelles conséquences fiscales et financières ?
Quelles adaptations du Code de la pharmacie seraient nécessaires ?
La conférence vise à décortiquer ces scénarios pour permettre aux pharmaciens de mieux comprendre les enjeux à moyen terme.
