D’après la conférence du Dr Imane ZINEB, Professeur de Diabétologie et d’Endocrinologie Pédiatrique au CHU de Rabat, présentée lors du salon Officine Plus 2025, en partenariat avec le laboratoire THERAPHARMA.
Le diabète de type 1 (DT1) chez l’enfant représente un véritable défi médical, psychologique et éducatif. Contrairement au diabète de type 2, il résulte d’une destruction auto-immune des cellules bêta du pancréas, conduisant à une carence absolue en insuline. Le contrôle métabolique, pierre angulaire de la prise en charge, vise à maintenir un équilibre glycémique optimal tout en préservant la qualité de vie de l’enfant. Lors du salon Officine Plus 2025, le Dr Imane ZINEB a livré une analyse approfondie des stratégies actuelles et des défis concrets rencontrés au quotidien dans la gestion du diabète pédiatrique.
Physiopathologie et particularités du diabète de type 1 chez l’enfant
Le diabète de type 1 est une maladie auto-immune caractérisée par la destruction des cellules bêta pancréatiques. Cette destruction progressive entraîne un déficit absolu en insuline, rendant le patient dépendant d’un traitement substitutif à vie. Chez l’enfant, la maladie évolue souvent rapidement et s’accompagne d’un risque élevé de déséquilibres métaboliques, notamment l’acidocétose diabétique, qui constitue une urgence médicale.
Pr Zineb IMANE a insisté sur la spécificité du diabète pédiatrique : la croissance, la puberté, l’alimentation et l’activité physique rendent l’équilibre glycémique particulièrement fluctuant. La variabilité des besoins en insuline exige une adaptation fine et continue des doses selon les situations quotidiennes.
Les objectifs du contrôle métabolique
Le contrôle métabolique vise à maintenir la glycémie dans une plage cible permettant de prévenir les complications aiguës et chroniques tout en évitant les épisodes d’hypoglycémie. Selon les recommandations internationales, la glycémie doit idéalement se situer entre 80 et 140 mg/dl avant les repas et inférieure à 180 mg/dl deux heures après.
Le Dr ZINEB a rappelé que l’objectif principal n’est pas d’atteindre une perfection glycémique, mais de maintenir une stabilité acceptable qui favorise la croissance, le développement cognitif et le bien-être émotionnel de l’enfant. L’hémoglobine glyquée (HbA1c) reste l’indicateur clé du contrôle métabolique, avec un objectif généralement inférieur à 7 %.
Les piliers de la prise en charge thérapeutique
1. L’insulinothérapie
L’insuline reste le seul traitement du diabète de type 1. L’insulinothérapie doit mimer au mieux la sécrétion physiologique grâce à l’association d’une insuline basale et de bolus prandiaux. Le Dr ZINEB a évoqué les différents schémas disponibles : multi-injections quotidiennes ou pompe à insuline, avec une tendance croissante à la personnalisation selon le mode de vie et l’âge de l’enfant.
Les nouvelles technologies, telles que les systèmes de mesure en continu du glucose (CGM) et les pompes hybrides, représentent une avancée majeure. Elles permettent un ajustement en temps réel des doses d’insuline et réduisent le risque d’hypoglycémie nocturne. Cependant, leur coût et leur accessibilité restent des freins dans certains contextes.
2. L’alimentation équilibrée
L’éducation nutritionnelle constitue un pilier fondamental du contrôle métabolique. Pr ZINEB a souligné que l’enfant diabétique ne doit pas suivre un régime restrictif, mais adopter une alimentation équilibrée et variée, adaptée à son âge et à son activité physique. Le comptage des glucides permet d’ajuster les doses d’insuline de manière plus précise et de responsabiliser l’enfant et sa famille.
L’implication des parents est essentielle, notamment dans la planification des repas et la surveillance des collations. Le rôle du pharmacien est également déterminant pour expliquer les interactions possibles entre alimentation, activité et insuline.
3. L’activité physique
L’exercice régulier améliore la sensibilité à l’insuline et contribue à la stabilité métabolique. Cependant, il peut provoquer des hypoglycémies s’il n’est pas anticipé. Pr IMANE a insisté sur la nécessité d’ajuster les doses d’insuline et les apports glucidiques avant et après l’effort, et de sensibiliser les familles à la surveillance rapprochée des glycémies.
Suivi, éducation et accompagnement de l’enfant et de sa famille
Le succès du contrôle métabolique repose sur une approche éducative multidisciplinaire. L’enfant diabétique doit comprendre sa maladie, apprendre à reconnaître les symptômes d’hypo- et d’hyperglycémie, et savoir ajuster ses doses d’insuline en fonction de son alimentation et de son activité.
Pr IMANE a mis en avant l’importance des programmes d’éducation thérapeutique du patient (ETP), qui permettent à l’enfant et à sa famille d’acquérir des compétences d’autogestion. Ces programmes sont essentiels pour réduire les hospitalisations et améliorer la qualité de vie.
Le rôle du pharmacien est ici primordial : en première ligne, il peut détecter les signes de déséquilibre, rappeler les bonnes pratiques d’injection, conseiller sur le matériel de mesure glycémique, et orienter si nécessaire vers le médecin traitant. L’accompagnement émotionnel des parents est également un volet crucial, car la peur de l’hypoglycémie ou la culpabilité peuvent altérer la gestion quotidienne du diabète.
Les défis actuels et les perspectives d’avenir
Malgré les progrès technologiques et thérapeutiques, le contrôle métabolique optimal reste un défi. Les inégalités d’accès aux dispositifs modernes, la charge psychologique pour les familles et la complexité des ajustements quotidiens constituent encore des freins majeurs.
Le Dr ZINEB a évoqué les perspectives prometteuses de la recherche : insulines ultra-rapides, pancréas artificiel, et thérapies immunomodulatrices visant à ralentir la destruction des cellules bêta. Ces avancées laissent entrevoir une meilleure qualité de vie et une autonomie accrue pour les jeunes patients diabétiques.
Conclusion
Le contrôle métabolique chez l’enfant diabétique de type 1 requiert une approche individualisée, multidisciplinaire et centrée sur l’éducation. La conférence du Dr Imane ZINEB rappelle que l’objectif n’est pas uniquement glycémique, mais global : préserver la croissance, le bien-être psychologique et l’autonomie de l’enfant. Le pharmacien, par son rôle de proximité, est un partenaire clé de cette démarche collaborative.
À retenir pour l’officine
• Le diabète de type 1 chez l’enfant nécessite une adaptation constante des doses d’insuline.
• Le contrôle métabolique repose sur trois piliers : insulinothérapie, alimentation équilibrée et activité physique.
• L’éducation thérapeutique et le soutien familial sont essentiels pour une bonne observance.
• Le pharmacien joue un rôle clé dans le conseil, la surveillance et l’orientation des familles.
• Les nouvelles technologies (capteurs, pompes à insuline) offrent des perspectives prometteuses.
